La 5G: un réel danger pour la santé? – Charente Libre

L’OMS a exprimé des « craintes » quant aux radiofréquences, déjà émises par la télévision ou le WiFi. Sur la dangerosité de la 5G, elle rappelle toutefois que « malgré des recherches, rien n’indique pour l’instant que l’exposition à des champs électromagnétiques de faible intensité soit dangereuse pour la santé ».

Un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) doit aussi arriver sur la table des décideurs d’ici mars 2021. Cette première phase de commercialisation n’aura donc pas attendu ses conclusions. Par le passé, l’agence avait alerté d’un « manque important, voire une absence de données relatives aux effets biologiques et sanitaires dans les bandes de fréquence concernées ».

Que disent ses partisans?

Premier d’une liste non exhaustive, Cédric O. Le secrétaire d’État au numérique vante une technologie importante, « notamment pour l’avenir de l’industrie ». Hier, il a aussi promis, sur les ondes d’Europe 1, un « plan de contrôle spécifique dédié à la 5G » et présenté « dans les prochaines semaines ».

« Je ne crois pas que le modèle Amish permette de régler les défis de l’écologie contemporaine », avait moqué le 15 septembre Emmanuel Macron, en réponse à la demande de moratoire d’élus de gauche. Le chef de l’État avait martelé que la France prendrait « coûte que coûte » le virage de la 5G, n’en déplaise à ceux qui souhaiteraient « le retour de la lampe à huile ».

« Notre seul objectif, c’est d’apporter la meilleure qualité de service à nos utilisateurs », arguait Stéphane Richard, PDG d’Orange. Une sortie en accord avec les partisans du « progrès technologique » – industriels, entrepreneurs, responsables de la majorité – dressée contre le désir de « sobriété numérique » du camp opposé.

Que disent ses détracteurs?

Surconsommation de données, risques des ondes pour la santé, absence de concertation, doutes sur l’utilité de l’innovation… La France serait à la pointe de la contestation au nouveau réseau mobile. Il « s’agit sans doute de l’une des mobilisations citoyennes les plus importantes contre la 5G en Europe, relevait depuis les États-Unis le site Bloomberg News, relayé par Courrier International. Ils (les anti) s’inquiètent de l’empreinte écologique d’une technologie qui pourrait consommer trois fois plus d’énergie que les infrastructures actuelles », cerne le média américain.

La question a depuis infusé au sein de la classe politique. Le 12 septembre, Jean-Luc Mélenchon (France insoumise), Yannick Jadot (EELV) et près de 70 élus de gauche, dont 11 maires de grandes villes, ont exigé, dans le JDD, un moratoire sur l’attribution des fréquences. Une position qui s’inscrit dans une crispation tenace: celle de l’absence d’échanges entre l’État et les populations concernées par la hausse des ondes.

Dans le camp vert, on concède désormais que « les arguments sanitaires sont les plus fragiles. Mais ce ne sont pas les plus importants », estimait François Thiollet, du bureau EELV, auprès de France Info. Aujourd’hui, c’est le coût environnemental du réseau qu’il faut « surveiller », a-t-il jugé. Et notamment « la consommation énergétique (augmentée) de façon exponentielle ». Sont notamment ciblés les renouvellements matériels à prévoir, de la téléphonie aux relais antennes spécifiques.