Le centre hospitalier de Moulins-Yzeure se penche sur sa santé numérique – Moulins (03000) – La Montagne

Les personnels du centre hospitalier de Moulins-Yzeure reçoivent ou envoient 1,7 M de mails par an. A partir de ce vendredi, l »établissement lance une opération pour former ou sensibiliser ses agents aux bonnes pratiques numériques. L’informatique ? C’est aussi une question de santé pour l’hôpital. 

Le centre hospitalier de Moulins-Yzeure, c’est 1,7 million de mails reçus ou envoyés chaque année, soit 4.800 échanges de courrier électronique chaque jour. Cette correspondance pléthorique est loin d’être neutre pour le fonctionnement de l’établissement de santé. Il profite de la Semaine du développement durable pour lancer, à partir de ce vendredi, une opération de « sobriété numérique » visant à former et sensibiliser ses agents aux bonnes pratiques. Explications


Vendretri ou les bonnes pratiques numériques 

Supprimer, filtrer, trier. Trois maîtres mots de l’opération « Vendretri » que le centre-hospitalier de Moulins Yzeure va, à partir de ce vendredi, lancer à destination de ses personnels disposant d’une boîte mail, soit 1.610 personnes sur les quelque 2.200 agents. Chaque vendredi désormais, en se connectant sur la page d’accueil de l’Intranet de l’établissement, ils auront accès à une communication sur les bonnes pratiques numériques. Cette action repose sur le volontariat, les personnels n’ont donc pas l’obligation d’y participer.

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Une priorité : faire le ménage dans les boîtes mail

Les priorités de Vendretri, ce sont Guillaume Brun, le directeur des systèmes informatiques de l’hôpital et Rudy Chouvel, le directeur des affaires juridiques, logistiques et développement durable, qui les retracent :

 Dans un premier temps, nous allons notamment former et inciter les personnels à bien ou mieux gérer leur messagerie car nous avons constaté qu’il y avait des problèmes récurrents. Par exemple, certains utilisateurs ne vident pas leur boîte mail. D’autres conservent les doublons, c’est-à-dire des documents -parfois très lourds- qu’ils peuvent recevoir en deux exemplaires ou davantage. Autant de mauvaises pratiques numériques qui alourdissent et encombrent inutilement les serveurs informatiques qui stockent toutes ses données

Ces serveurs sont hébergés au sein même de l’hôpital, dans deux salles spécialement dédiées.


La problématique du stockage des données numériques

 Ces mauvaises pratiques numériques ne sont pas neutres pour le centre hospitalier, soulignent Guillaume Brun et Rudy Chouvel :

Tout le monde ne le sait pas, mais elles augmentent la consommation en énergie de l’hôpital. D’autre part, elles contribuent également à augmenter inutilement le stockage numérique qui s’accroît de façon exponentielle : + 30 % chaque année

Le centre hospitalier, c’est 4.800 échanges de courrier électronique chaque jour 

 

Car l’hôpital évolue en même temps que la société. A ce titre, les documents numériques sont donc en train de prendre sérieusement l’ascendant sur les documents papier. A l’heure où la numérisation des dossiers des patients devient la norme, les serveurs de l’établissement ont plus que jamais besoin de place libre 

« Actuellement, nous sommes en train d’informatiser les dossiers des patients dans les secteurs de la réanimation et de la dialyse »

Prochainement, l’hôpital va également se doter d’un second scanner qui va générer 20.000 images supplémentaires par an :

Toutes ces données seront évidemment stockées. De plus, nous avons l’obligation légale de conserver les archives numériques des patients pendant 20 ans. C’est pourquoi la bonne gestion des données informatisées devient un enjeu de plus en plus important au sein des hôpitaux 

Guillaume Brun et Rudy Chouvel indiquent que celui de Moulins-Yzeure est l’un des premiers en France, dans ce domaine, à impulser une opération de sensibilisation auprès de ses personnels.

Antoine Delacou